Tombé en désuétude
l’imposant immeuble de l’hôtel 2 Février à Lomé va trouver un nouveau souffle.
Face à sa dégradation avancée, l’Etat togolais a décidé de reprendre possession
de l’hôtel en le nationalisant. Cela signifie que la propriété de tout
l’ensemble immobilier de l’hôtel sera transférée au patrimoine de l’Etat. La
décision est entérinée depuis le jeudi 6 novembre où le parlement a voté à
l’unanimité un projet de loi soumis par le gouvernement
Cette décision
est salutaire pour le pays dès lors qu’elle permet de sauver un joyau du
secteur hôtelier. Elle répond à une nécessité d’intérêt général et c’est ce qui
explique l’accord unanime de tous les partis parlementaires. Depuis quelques
années les togolais étaient réduits à contempler la silhouette du plus grand hôtel
de Lomé sans l’exploiter puisqu’il est laissé à l’abandon.
Aujourd’hui la fierté d’antan semble retrouvée car l’hôtel va
reprendre du service. Les passants peuvent d’ailleurs apercevoir tout près de
l’immeuble un message annonçant la bonne nouvelle. La nationalisation de
l’hôtel aura un effet positif sur l’économie touristique en ce sens que la
rénovation et l’exploitation du 2 février permettront de créer des emplois pour
les togolais.
Si l’hôtel est resté inexploité pendant plusieurs années
c’est parce qu’il a souffert des manquements de la part de la société qui était
en charge de sa rénovation. La décision de l’Etat togolais vient mettre fin à
ce statu quo. Depuis 2008 une convention avait été signée avec la Libyan arab
african investment company (LAAICO) pour la rénovation et l’exploitation de
l’hôtel. Mais les travaux n’ont jamais été effectifs. L’hôtel est devenu
victime collatérale du conflit libyen. Dès le début du conflit il a été constaté
un défaut d’exécution des contrats conclus avec la LAAICO.
Selon le gouvernement
« la profonde crise qui secoue l’Etat d’origine du partenaire et dont
l’issue est incertaine ne garantit pas la reprise dans les délais raisonnables
de l’exécution des contrats. Selon des informations officielles une commission
sera mise en place pour faire des propositions d’indemnisation à octroyer à la
LAAICO. Les autorités comptent désormais solliciter un opérateur hôtelier de
renom pour confier les travaux de réhabilitation et d’exploitation de
l’immeuble.
L’objectif visé est de redonner au 2 février sa carrure
d’hôtel 5 étoiles. L’immeuble qui domine la ville de Lomé a fait la fierté de
l’hôtellerie togolaise. Ouvert en juin 1980 l’hôtel comprend 36 étages, 368 chambres
dont 52 appartements présidentiels, 52 suites ministérielles, des salles de
conférences, des restaurants, des boutiques. Exploité d’abord par le groupe
français Sofitel, il sera ensuite géré par le groupe Corinthia avant de tomber
en déséquilibre financier.
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